Les Gremlins et la politique

Un jour , dans la vie de chaque homme, la nostalgie frappe. Je me suis donc installé avec des échantillons assez représentatif de la nourriture d’un adolescent , et me voilà parti pour un film de mon enfance ou les monstres sont des monstres, point final. Et bien non.

Capture Gremlins

Résumé :

Rand Peltzer offre à son fils Billy un étrange animal : un mogwaï. Son ancien propriétaire l’a bien mis en garde : il ne faut pas l’exposer à la lumière, lui éviter tout contact avec l’eau, et surtout, surtout ne jamais le nourrir après minuit sinon c’est la cata.

Quand la Chine débarque à Manhattan.

Un immigré chinois typique sur le sol américain en 1984

Un immigré chinois typique sur le sol américain en 1984

 

Le film démarre à Manhattan où Rand Peltzer, un inventeur un peu farfelu et un peu dénué de bon sens cherche un cadeau à la dernière minute pour le Noël de son fils Billy. Et là, le chinois rentre en scène.
Vous avez tous vu le film, le marchand chinois n’est vraiment pas présenté a son avantage. La cave qui lui sert de boutique est sombre, enfumée, remplie d’un bazar hors du commun, et lui-même n’est pas présenté sous son meilleur jour puisque ce brave homme  à tout l’air de venir tout droit du XIXème siècle. Et ça, même pour un pays communiste, ça ne fait pas très moderne.Quoiqu’il en soit, à la fin du film, c’est lui qui a raison.
Maintenant les Gremlins.

Les Gremlins a qui on refuse « The American way of life » : 

Ces petites créatures au final, que veulent-elles ? Travailler, se retrouver entre potes après le boulot pour prendre un verre, faire les boutiques, faire chauffer la Visa et l’Am-Ex et écouter du Bobby Goldsboro sur la chaîne hi-fi, les griffes des doigts de pieds en éventails.

Joe, Willard, Harvey, Kenny and John, enjoying friday night. TGIF.

Joe, Willard, Harvey, Kenny and John, enjoying friday night. TGIF.

 

Mais ça c’est pas possible, et c’est bien ça le problème. La principal différence entre les Gremlins et les Mogwaï, c’est que les Gremlins ont des prétentions. Au cours du film, après leur transformations, ils vont d’assouvissement de désirs en assouvissement de désirs (S’amuser un peu, chanter, boire un coup, faire les boutiques, faire la bombe a la piscine…) a l’inverse de Guizmo, qui lui reste le « bon » mogwaï : docile, obéissant et surtout, ne souhaitant rien de ce que l’Amérique peut offrir, il fait profil bas et agite le drapeau américain comme « un vrai petit patriote ».

Vous rappelez-vous de ce vieux monsieur grognon qui peste sans arrêt contre le matériel étranger qui tombe en panne puisque rempli de Gremlins venus d’autres pays ? Il est dans le film, le personnage humain le plus inquiétant, acquérant au fur et a mesure des scène une sorte d’aura prophétique, il annonce, sans arrêt, la destruction par les Gremlins, l’invasion qui commence par le matériel manufacturé a l’étranger jusqu’à la scène ou un gremlin au volant de son propre tracteur l’écrase (mais pour de faux, il sera là dans le 2).

Un peu plus loin dans le film, Billy Peltzer va voir le Shérif pour le mettre au parfum du danger qui déferle sur la ville. Il sort Guizmo de son sac et voilà le Shérif qui joue avec la petite bête , et qui s’extasie quand le mogwaï agite le drapeau américain, alors que dehors, a 200 mètres de là, les Gremlins sèment la désolation. Mais heureusement, la boule de poil a du répondant.

Guizmo c’est l’Amérique, et tant pis pour ceux qui mangent après minuit.